Compagnie circonstancielle.

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 Compagnie circonstancielle.

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Izaya Dalhia

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MessageSujet: Compagnie circonstancielle.   Jeu 23 Juil - 23:44



La demoiselle n'était qu'à quelques pas des portes de Nh’Agtrael. Cela créait en elle un doux sentiment d'excitation, de peur, de crainte, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Elle contemplait d'un regard protecteur Ordyh, qui voletait non loin d'elle, esquissait un bref sourire lorsque celui-ci examinait les lieux avec une certaine précaution, les yeux pleins d'émerveillements. Ces deux compagnons découvraient au fil de leurs pas un paysage autre que celui de l'infinité du désert T'sacrel. Ses dunes étaient bien loin dorénavant. L'aube s'était levée depuis un long moment, et pourtant le ciel était encore couvert de son manteau bleu azur.

La jeune femme avait froid. L’été était pourtant bien présent, cela ce voyait de par les vêtements des habitants de la région. Pourtant Izaya frissonnait. Peut-être était-ce parce qu’elle avait vécu toute sa vie dans les déserts. C’était la première fois qu’elle voyageait. La première fois qu’elle montait sur un bateau volant, qu’elle découvrait de nouveaux paysages. Son regard profond scrutait chaque mouvement aussi insignifiant soit-il, chaque bâtiment qui se dessinait un peu plus à l'horizon qui se mêlait au ciel azur. Les nuages n'étaient que peu nombreux.
Izaya avait peur de cet inconnu.

Elle n’avait aucune raison d’être là. Quelques jours plus tôt, Izaya s’était réveillée avec l’envie de liberté bien plus forte qu’avant. Alors elle s’était décidée, bien qu’un peu trop vite à son gout. Même livrée à elle-même, elle se sentait faible. En effet, si Izaya n'avait pas été accompagnée, jamais elle n'aurait pu voyager. Elle avait fait un accord avec une compagnie de commerçant, à bord de bateaux volants.

Ordyh se blottissait contre son corps, logé dans l'une des poches de sa tunique. La foule se faisait de plus en plus dense ; ici et là, voyageurs et marchands se pressaient devant la muraille de l'immense citadelle. Elle était arrivée. Très vite, quelques curieux attardèrent leur regard sur l’apparence de la jeune femme. Une femme sans ailes ? Ennemie ou amie ? Elle passa une main dans ses cheveux. Un sourire fleurissait sur ses lèvres lorsqu’elle croisait le regard de quelques passants. Les portes de la ville étaient maintenant derrière elle et pourtant son cœur était déjà à ses pieds. Au final, après quelques minutes, elle s’arrêta.
Au final, il fallait bien se l’avouer, elle était perdue.

Non loin d'elle, la foule prenait panique, se poussait tant bien que mal. Il y avait des éclats de voix, des expressions de mécontentement. Le chahut avait été causé par un voleur qui s'enfuyait, poursuivi par une poignée de l'inutile milice. Tenant son butin si dérisoire contre son torse, il courait à en perdre haleine. Le danger était tout proche, maintenant. Le voleur passa près de la beauté sauvage, qui n'avait point bougé, contrairement aux personnes qui l'entouraient. « Pousse-toi, sale garce ! » Avait-il articulé, tandis que sa main prenait appui contre son corps, la bousculant assez fort pour qu'elle tombe en arrière. Lentement, son dos toucha les pavés aussi froids que l’ai ambiant. Le voleur lui était déjà bien loin.

De par sa piètre chute, d’autres regards se tournèrent vers Izaya. Les secondes s'écoulèrent, interminable. Heureusement, son dragon poupée, qui n'avait aucunement senti la chute de sa maîtresse, dormait toujours dans sa poche. Quelle personne étrange, pensèrent certain, tandis que d'autres passaient simplement à quelques centimètres d'elle, manquant à chaque instant de marcher sur son fragile corps.

Une mèche rebelle se détacha de sa chevelure, se posant avec délicatesse sur le sol de la capitale. Dans le bleu du ciel, quelques teintes de gris commençaient à s'apercevoir. Il allait surement pleuvoir.


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Romain Erh’La

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MessageSujet: Re: Compagnie circonstancielle.   Ven 24 Juil - 0:49

J’étais sortie discrètement aujourd’hui. Ma mère n’était plus là pour me surveiller. Je pouvais tenter des choses que je n’avais jamais essayées. Et cette nuit j’avais essayé de dormir dans une grange abandonnée, cette dernière était pleine de courants d’air mais j’y avais bien dormi, le temps me le permettait. Je m’étais levée à l’aube, le stress que l’on me trouve dans cet endroit et l’on m’y chasse. Le temps était des plus doux lorsque je m’étais faufilée dehors.

J’étais très vite sortie des bas quartiers, évitant les quelques passants qui n’étaient jamais recommandables. Je zigzaguais entre les prostituées qui ne me jetaient pas un regard. J’étais une femme à leurs yeux, une femme bizarre même, je ne pouvais pas leur donner le moindre sous. Et elles avaient raison, je n’y connaissais rien en amour, ou quoi que ce puisse être. Pour le moment la seule chose que je connaissais c’était la sortie vers les quartiers marchands. Les dalles se polissaient et s’élargissaient sous mes pieds tandis que les murs s’espaçaient pour laisser place à des étals pour le moment presque vide. Je m’engageais sur cette route, laissant les vagues de gens arriver et me malmener doucereusement. Il n’y avait pas encore assez de monde, le soleil n’était pas totalement levé.

Comme tous les matins depuis que j’étais seul, je me rendis à la taverne du Liv abreuvé. Taverne quelque peu sale mais étant peu chère sans être insalubre et où personne ne posait de questions. J’en poussais les lourdes portes de bois pour me faire accueillir par une odeur de viande en train de cuir et d’eau. Tous les matins, le patron nettoyait le sol, j’aimais beaucoup venir à ce moment-là, avant que les ivrognes ne s’installent, lorsque le patron avait le temps de discuter avec moi. Parfois, ce grand homme bien en chair venait poser sa lourde carcasse  à côté de moi, s’accoudais à la fenêtre et partageait mon silence. Parfois nous échangions quelques ragots, des avis sur les nouveaux marchands qui suaient déjà pour installer leurs étals. Lorsque je finissais mon petit déjeuner, les camelots s’étaient installés et commençaient à lancer leurs cris de vente. C’est avec du « Achetez mon poisson ! » et du « Mes œufs sont tous frais ! Pondus ce matin ! » qu’ils accompagnaient ma sortie de la taverne. Et cette journée ne dérogea pas à la règle. Parfois je songeais à demander à cet aimable tavernier s’il n’avait pas besoin d’une petite main pour l’aider dans ses tâches. Pour le moment je ne savais encore si je voulais rester dans cette ville. Et puis, je ne savais pas si j’avais le courage de lui demander ce genre de choses. Mes relations avec les gens étaient trop instables pour ce genre de choses.

Peut-être aussi instable que la demoiselle qui venait de choir au sol telle une belle fleur un peu trop vieille. Bien que la demoiselle en question était loin d’être âgée et était plutôt jolie. Et surtout, elle était très proche de moi. J’avisais les gens qui nous entouraient : ils la dévisageaient d’un air hagard avant de passer leur chemin. Je lui tendis donc une main sympathique. Je tentais un sourire maladroitement engageant et demandais :

- Besoin d’aide ?


Elle l’a pris et je l’aidais à la relever. Le tissu de son vêtement était doux. Une noble très certainement. Ou bien une riche, je ne savais. Il fallait faire attention avec ces gens-là, ils aimaient les choses polies et présentable. Et à défaut d’être présentable je pouvais au moins chercher à être polie. J’évitais de la regarder et lui demandais d’un air qui était censé paraître neutre.

- Vous ne vous êtes pas fait mal ?
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Izaya Dalhia

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MessageSujet: Re: Compagnie circonstancielle.   Ven 24 Juil - 2:28


Son corps lui faisait mal. Peut-être était-ce de part la violence du choc qu’elle avait subit il y a peu. Peut-être parce que tout ces évènements lui étaient trop inconnus. Au final, son changement de vie avait été rapide. Jamais la jeune femme n’aurait imaginé se retrouver à terre, dans une capitale qui l’effrayait autant qu’elle l’intriguait. Jamais elle n’aurait été capable de cela il y a quelques années. En vue de ses compétences en magie, elle aurait très bien pu s’enrôler dans une compagnie pour voyager. Pourquoi ne l’avait-elle pas fait, au final ? Un sourire se dessina alors sur ses lèvres. Izaya était si heureuse. Elle ne demandait qu’à découvrir cette ville, trouver de quoi vendre ses connaissances à des idiots. Séduire des hommes et des femmes.
Izaya voulait juste vivre en cet instant même.

Ses divagations furent cependant stoppées nette par une main entrant dans son champ de vision. Elle ressemblait tant à celle que lui tendait Nehrys il y a longtemps, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Elle se voyait encore le nez dans le sable, les larmes aux yeux. Lorsqu’Izaya rencontra le regard de sa sauveuse, on pouvait y voir une pointe d’étonnement dans son regard. Etrangement, elle lui ressemblait un peu. Cette femme avait les mêmes yeux que son amante, que son amie. Elle lui souriait. Alors Izaya pris sa main sans rien dire, passant une nouvelle fois sa main dans sa chevelure de feu. Une fois debout, elle regarda quelques instants autour.

« Merci. » Fit-elle simplement, manifestement encore un peu sonnée.

Non, au final, Izaya était bien déstabilisée. Depuis cinquante ans, elle avait été rejetée, dévisagée. Ce nouveau monde ne voulait pas d’elle. Alors cette fille venait bouleverser ses habitudes. Alors que la jeune Shasla aurait pu se relever seule, on avait décidé de l’épaulé. Un nouveau sourire s’étira sur ses lèvres, plus charmeur que le précédent. Elle chercha à plonger son regard dans le sien, à établir un contact plus sérieux avec celle qui l’avait secourue. Au final, cette rencontre de circonstance passait inaperçue. Les habitants ne leur prêtaient aucune attention. Le ciel continuait de se couvrir de son manteau gris, les marchands de rues continuaient de crier à en perdre la voix. L’instant d’un souffle et la jeune rescapée se décida à lui répondre, remettant toute son attention sur sa compagne d’accident.

« Je vais bien merci.» Après une pause, elle reprit «  C’est aimable de votre part que d’aider une inconnue. Pourrais-je profiter un peu plus de votre gentillesse ? Il faut dit que je suis un peu perdue dans cette ville.. »

Il était vrai que, quitte à se faire aider, Izaya n’avait rien à perdre d’en demander un peu plus. Et puis, sa sauveuse semblait gentille, en plus d’être belle. Pour appuyer ses propos, elle sorti un petit papier de sa poche. Une adresse y était indiquée ; celle d’une auberge qu’on lui avait suggérée un peu plus tôt dans la journée.

Quelques gouttes tombèrent du ciel. Il allait pleuvoir.

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Romain Erh’La

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MessageSujet: Re: Compagnie circonstancielle.   Ven 24 Juil - 3:20

La jeune femme me souris. Plusieurs fois même. Je lui rendis un chaleureux sourire en retour. Il n’y avait pas de soleil mais ce n’était pas une raison pour ne pas répondre à un visage si agréable et coloré. Car les gens autour de nous passaient comme des taches de couleurs fades face à ses cheveux rouges. Couleur plutôt étonnante. Et quelque peu intimidante aussi. J’évitais à nouveau de la regarder. Que devait-elle avoir en tête pour parler avec une fille qui avait l’air aussi pouilleuse que moi ? Je ne pouvais le savoir. Je n’avais jamais été noble. J’en avais eu le prestige mais n’avais jamais été l’homme de la situation…

Mon souci fut réglé lorsqu’elle me demanda si je voulais bien lui servir de guide. Cette fille était tout à fait inconsciente, comment ne pouvait-elle pas se méfier de moi ? Je lui avais certes tendus la main mais je pourrais aussi l’amener dans des endroits où il me serait facile de la détrousser si ce n’est pire. Je passais ma main sous ma crinière en bataille et me plaçais entre elle et la foule pour qu’elle ne tombe pas à nouveau. Je finis par lever les yeux vers les siens, croiser ce surprenant regard rubis pour finalement hocher timidement la tête.

- Ce sera avec plaisir ma dame.


J’entamais alors une rapide courbette masculine. Quelque chose de rapide mais d’efficace qui montrait que j’étais apte à la servir mais n’étais pas là pour lui imposer ma présence. Discrétion, c’était quelque chose d’important. J’eu à peine finit cela que les gouttes sonnèrent sur les dalles et sur les vêtements. Je levais la tête pour regarder inutilement le ciel. Nous allions très certainement recevoir une grosse averse. Mes ailes en étaient toutes ébouriffées à cette idée. Je secouais la tête pour regarder ensuite la demoiselle.

- Souhaiteriez-vous, ma dame, que je vous conduise à l’abri ? Je vous ferais visiter ensuite si le cœur vous en dit.


Tout en disant ceci, je lui touchais légèrement le bras pour l’entrainer avec moi dans le flot de badauds qui grouillaient pour rentrer chez eux le plus vite possible. Les marchands avaient laissés leur litanie de vente pour rentrer leur précieuse cargaison en grommelant leur mécontentement au milieu des gouttes chantantes. La pluie se mit soudain à tomber très fort. En quelques instant nous fumes mouillées jusqu’aux os ou presque. Je l’attirais donc avec plus de force pour l’emmener à l’abris dans la taverne du Liv abreuvé.

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Izaya Dalhia

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MessageSujet: Re: Compagnie circonstancielle.   Ven 24 Juil - 15:24


Imperceptiblement, sa curiosité fut piquée à vif. En ce moment même, était-ce une femme ou un homme qui se présentait devant elle ? Izaya observa son corps ; il était aisé d’y percevoir les courbes d’une demoiselle. Et pourtant, sa démarche, son comportement, son attitude, tout cela appartenait au genre masculin. Le résultat en était plutôt surprenant.
L’azur rencontra les rubis. Alors la jeune Shasla se demanda si cette personne se voyait plus fille ou garçon. En l’espace d’un instant, elle oublia presque ses propres problèmes. Dorénavant, elle ne voulait qu’en apprendre un peu plus sur cet étrange personnage, l’apprivoisé, la faire sienne. Izaya voulait la connaitre. Sa manière de s’exprimer laissait à penser qu’elle la respectait. Respecter une Shasla sans ailes ? Izaya ne ressemblait pourtant pas à quelqu’un de noble, bien que son apparence dégageait une certaine douceur attirante.  Ainsi, cette dernière ne put retenir son sourire lorsque son vis-à-vis se pencha un peu en avant, acceptant sa demande. Comme ça, sans discuter, sans se poser de question sur cette beauté sauvage qui lui était tombée dessus.

L’eau, elle aussi, commençait à tomber sur la capitale. Au début fine gouttelettes, la pluie devint rapidement dense et agréable. Izaya sentait déjà sa tunique lui coller à sa peau de pêche, dévoilant un peu plus son corps peu commun. Cela ne plaisait cependant pas à tout le monde. Les gens autour d’elle fuyait les larmes du ciel comme de la peste. Alors que son regard avait dérivé sur ce qui l’entourait, un léger sursaut la fit revenir à l’instant présent. Sa sauveuse lui avait pris le bras. Il était vrai qu’elle lui avait, quelques secondes auparavant, demandé si se mettre à l’abri ne serait pas un meilleur choix que de s’aventurer dans les rues pavés de la ville. Cette dernière semblait avoir pris seule la décision.

Le contact de sa peau la fit frissonner légèrement. Peut-être était-ce parce qu’Izaya avait froid, finalement. Elle suivait sa nouvelle guide silencieusement. Ses vêtements aussi lui collait à la peau, confirmant ainsi que cet homme était doté d’un beau corps de femme. Sa chevelure rousse qui lui collait à son visage lui donnait un air de fragilité, celui-ci étant bien plus marqué qu’avec l’apparence d’Izaya. Non, son corps à elle ne donnait pas de pensée aussi saine à autrui. Les deux demoiselles arrivèrent enfin à ce qui ressemblait à une taverne, qui était déjà prise d’assaut à cause du mauvais temps.

Elle passa une main dans ses cheveux, en enlevant ainsi le surplus d’eau. Izaya avait définitivement froid. Prenant quelques secondes pour se remettre de ses états, la Shasla finit par se retourner vers sa compagne d’un jour. « Merci encore. » lâcha-t-elle doucement, réarrangeant ses cheveux dans un même mouvement. Pour ne pas rester sur le pas de la porte de l’auberge, Izaya pris à son tour une décision sans demander l’avis de sa partenaire. Lui prenant la main, elle l’entraina vers une table. Seul son visage se retourna vers elle pour lui adressé un sourire malicieux. Elle s’y installa par la suite, lui faisant signe de faire de même. Il n’y avait, de toute façon, rien d’autre à faire. Dehors la pluie frappait le bois dans un bruit sourd.

« Je pense que nous sommes coincée ici pour un petit moment. » Commença-t-elle, portant son regard sur la fenêtre de l’établissement. Elle reprit : « Je me nomme Izaya. Et vous ? »

Il fallait bien entamer la conversation par un bout, et Izaya était plutôt douée dans ce domaine. Elle sentait une certaine retenue dans les paroles de son vis-à-vis. Cette même retenue, elle songeait à la faire voler en éclat. Elle sourit, une nouvelle fois.

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Romain Erh’La

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MessageSujet: Re: Compagnie circonstancielle.   Ven 24 Juil - 16:08

Cette femme souriait énormément. Qu’avait-elle en tête pour se trouver ainsi sous une pluie presque diluvienne et encore sourire ? Je lui aurait peut-être rendu mon sourire si je n’étais pas plus occupée à conduire cette inconnue à l’abris et à enlever les cheveux qui me collaient au visage. L

La taverne fut pour moi un salut. Je la balayais du regard pour voir des monticules d’hommes affalés sur les sièges en bois. La pluie semblait avoir regroupé tout ce beau monde ici, autour des saintes chopes d’alcool. Je soupirais en tripatouillant mes vêtements pour qu’ils collent un peu moins à ma peau. Je n’aimais pas que l’on me voie ainsi : les vêtements me collant. Je prévoyais les regards avides qui allaient se diriger vers moi. Je me préparais à les subir, serrant les dents. Mais aujourd’hui ce n’était pas moi le centre de l’attention ce ces yeux prédateurs. C’était la demoiselle que je devais guider. En même temps elle se tenait droite et fière tandis que je me recroquevillais quelque peu. Elle n’avait peur de rien et me pris la main, nous fis traverser la salle dans un demi brouhaha étrange. Les odeurs de graillon et de chien mouillés étaient presque aussi insoutenables que leurs visages se retournant vers nous.

Nous nous assîmes au fond de la salle, contre le mur. Je jetais un coup d’œil triste à mon emplacement habituel. Entre la porte et la fenêtre elle offrait une place de choix pour toute personne qui souhaitait observer les mouvements de la populace à l’extérieur. De plus, j’étais proche de la fenêtre, prête à fuir au moindre souci. Mais là j’étais coincée, le dos bloqué contre la pierre froide. Un avantage : nous étions à l’opposé des cuisines et étions donc bien moins importunées par l’odeur de nourriture qui devait caresser toutes les narines des autres êtres de la taverne. Je sursautais soudain. Passant au-dessus du chant des couverts, voix et verres, les paroles de la demoiselle me sortirent de mes pensées.

Je me tournais donc mon visage le plus naturellement possible vers la femme à mes côtés. J’évitais encore de vraiment la fixer. Elle n’était pas beaucoup plus présentable que moi dans ses vêtements trempés et je m’étonnais qu’elle ne s’en soit pas encore plaint. Au contraire, elle ignora royalement le fait qu’elle était dégoulinante d’eau et se présenta. Je lui rendis un sourire timide, mal à l’aise face à une personne si éloquente qu’elle et lui répondais.

- Mon nom est Romain.


J’enchainais rapidement.

- D’où venez-vous ?


Je ne voulais pas que l’on s’attarde sur mon prénom. Je savais qu’il était tous sauf commun pour une fille. Le patron de la taverne arriva sur ces faits. Pour une raison qui m’était inconnue il nous dévisagea toutes les deux, me regardant d’un air inhabituel. Et nous demanda ce que nous désirions. Pour ma part je répondis « la même chose que d’habitude ».

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